S’occuper d’un parent âgé : quelles aides financières ?

En France, plusieurs millions de personnes s’occupent d’un parent âgé en perte d’autonomie. On estime le nombre d’aidants familiaux à 11 millions. L’aidant familial dispose, depuis la loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement, d’un véritable statut. Il s’agit d’une personne qui vient en aide à un proche, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes de la vie quotidienne. 

La tâche d’aidant familial peut vite devenir harassante. De plus, bon nombre d’aidants se voient obligés d’arrêter leur activité professionnelle ou, au moins, de la diminuer. Ce qui induit nécessairement une perte de revenus. Heureusement, plusieurs dispositifs existent pour compenser, au moins en partie, cette dernière. 

Le congés de proche aidant

Ce congé permet à l’aidant d’arrêter momentanément son activité professionnelle pour s’occuper d’un proche handicapé ou en perte d’autonomie, pour une durée maximale de trois mois, renouvelable jusqu’à un an.

Créé en 2017, ce dispositif a remplacé le “congé de soutien parental”. Il sera revu fin 2020 et, surtout, sera rémunéré. Il s’appellera l’AJPA (Allocation journalière du proche aidant) et sera basé sur le même principe que l’AJPP (Allocation journalière de présence parentale), réservée aux parents ayant besoin de s’occuper d’un enfant malade ou prématuré. Le montant de cette allocation devrait être porté à 43 euros par jour pour les personnes vivant en couple et à 52 euros par jour pour celles vivant seules. 

L’AJPA pourra être fractionnée : vous pouvez ainsi alterner périodes de travail et jours d’AJPA. Autre avantage : le salarié conserve tous les avantages acquis dans son entreprise avant son congé : ancienneté, niveau de salaire et de primes, etc. 

Être aidant familial salarié

L’aidant familial peut également être salarié par le proche en perte d’autonomie, sauf si les deux personnes sont mariées, concubines ou pacsées (dans ces cas-là, les deux membres du couple sont tenus au devoir de secours entre conjoints).

L’aidant peut être rémunéré grâce au Chèque emploi service universel (Cesu) ou grâce à un contrat de travail classique. Il bénéficie alors de tous les droits liés à son contrat de travail : Sécurité sociale, assurance retraite, congés payés, droits au chômage, etc. 

Pour la personne en perte d’autonomie, salarier l’aidant offre un autre avantage, à savoir une réduction d’impôt de 50 % sur les dépenses engagées, dans la limite de 12 000 euros. Une somme qui s’élève à 20 000 euros si le bénéficiaire a besoin, en outre, d’une tierce personne.

Cette solution permet à l’aîné d’être pris en charge par une personne de confiance. En revanche, cette réflexion doit être bien mûrie en amont car il s’agit d’une situation qui peut créer un lien de subordination entre l’employeur et l’employé, c’est-à-dire entre le bénéficiaire et l’aidant, et cela peut complexifier les relations entre les deux. 

Le dédommagement de l’aidant familial

Si l’aidant ne peut être salarié, il peut en revanche prétendre au dédommagement de l’aidant familial. Il s’agit d’une prestation de compensation qui s’élève à 3,65 euros de l’heure ou à 5,48 euros si l’aidant a dû cesser son activité professionnelle pour s’occuper de son proche. Dans tous les cas, cette aide ne peut excéder 941,09 euros par mois. 

Ces sommes doivent être déclarées à l’Urssaf en tant que “bénéfices non commerciaux”. L’aidant bénéficiaire doit s’inscrire auprès de cet organisme et régler des cotisations de Sécurité sociale. 

NB : Le dédommagement de l’aidant familial est cumulable avec un salaire. 

Comment fonctionne l’APA ?

En tant qu’aidant familial, vous pouvez être rémunéré au titre de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie). Cette allocation permet à la personne âgée de de financer le salaire du proche aidant et d’être exonérée de cotisations salariales. 

NB : L’APA peut permettre à l’aidant de bénéficier d’un droit de répit, dans le cas où il assure “une présence indispensable à la vie à domicile” d’un proche. Cette aide s’élève au maximum à environ 500 euros par an.

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