Nos rues et les endroits les plus fréquentés du pays sont placés sous vidéosurveillance. Malgré tout, les actes de terrorisme n’ont jamais été aussi forts. La vidéosurveillance n’est-elle pas faite pour justement protéger les citoyens et tenter d’assurer une sécurité optimale ? Voici quelques explications.

vidéosurveillance et terrorisme

La vidéosurveillance, comment ça marche ?

Toutes les caméras installées dans les rues ou endroits publics sont reliées à des écrans de visualisation. Certains dispositifs permettent également l’enregistrement des conversations. Le poste d’observation comporte donc autant d’écrans que de caméras installées. Des agents sont chargés de visualiser les données et de donner l’alerte en cas de problème observé. Mais le nombre de caméras est parfois tellement important et le nombre d’agents tellement minime, qu’il est impossible d’avoir les yeux partout.

Pour exemple, à Lyon, il y a 2 opérateurs pour 200 caméras environ, à Paris c’est 1 opérateur pour 100 à 150 caméras environ. Seules 3% des images reçues sont alors observées en temps réel. Heureusement, grâce à l’enregistrement des images, il est possible d’avoir plus de recul et de traiter les données en décalé. Si la plupart des dispositifs permettent de faire des arrêts sur images et des zooms plus précis, la qualité des images perçues reste à déplorer.

La vidéosurveillance permet-elle de lutter contre le terrorisme ?

La réponse à cette question reste mitigée. En effet, il est difficile de demander à des images de faire parler les intentions malsaines des gens. Jusqu’à présent, les actes de terrorismes commis en Europe (et dans le monde), bien que prémédités, n’ont jamais pu être décelés en amont sur les vidéos de surveillance car les terroristes se comportaient comme des citoyens modèles. Lors du passage à l’acte, il est déjà quasiment trop tard. Il ne reste que les enregistrements pour visualiser en détail les comportements étranges des responsables et tenter de faire circuler des agrandissements d’arrêts sur images afin de retrouver les coupables.

La vidéosurveillance est-elle inefficace ?

Si dans les faits pour le moment, rien ne prouve son efficacité, rien ne prouve non plus son inutilité. En effet, les seules pistes sérieuses afin de retrouver les coupables d’actes de terrorisme sont issus d’enregistrements de vidéosurveillance et de témoins oculaires. Il est important de souligner que la caméra seule n’a aucune marge de manœuvre, elle se contente d’enregistrer des images mais ne peut en aucun cas intervenir en cas de comportement étrange. Seul l’Homme le peut et il semblerait que ce qu’il fait défaut au système soit justement le manque de personnel derrière les écrans de contrôle. Mais là encore, l’œil humain ne peut retenir son attention qu’une vingtaine de minutes et si les caméras peuvent, elles, tourner 24/24h et 7/7j, il n’en va pas de même pour les agents. Une relève pourrait être mise en place mais les coûts liés à ces dispositifs seraient alors démesurés.

La vidéosurveillance en est encore à ses prémices. Si elle ne peut pas prévenir les actes terroristes, et si les images qu’elle enregistre ne peuvent pas être visionnées en temps réel faute de capacités humaines et financières, elle reste tout de même un allié essentiel dans la communication et les enquêtes policières. Grâce aux enregistrements, il est possible de remonter la trace des responsables d’actes terroristes et de les arrêter.