Malades d’Alzheimer : comment surveiller ses proches à domicile ?

La maladie d’Alzheimer touche pas moins de 900 000 personnes en France. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter, puisque 250 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La Fondation Recherche Alzheimer estime même que, d’ici 30 ans, le nombre de personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative devrait doubler… 

Vidéosurveillance pour Alzheimer

Il est donc important que les structures s’adaptent à cette évolution. Aujourd’hui, les patients chez qui la maladie est avancée sont généralement pris en charge dans des Ehpad (établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes), au sein de services spécifiques. Mais pour les cas plus légers, un maintien à domicile peut être souhaitable pour le bien-être du malade. Bien sûr, cela ne va pas sans de nombreux aménagements du logement  et de la vie de la personne. 

Aménager le domicile du malade d’Alzheimer pour le protéger

La maladie d’Alzheimer se caractérise par une amnésie (perte partielle ou totale de la mémoire), une agnosie (troubles de la reconnaissance), une aphasie (difficulté à s’exprimer ou à comprendre), et une apraxie (difficulté à effectuer des gestes concrets).

Résultat : les objets et gestes du quotidien peuvent vite s’avérer dangereux. Le malade d’Alzheimer peut par exemple oublier d’éteindre le gaz et risquer de s’asphyxier, tomber dans les escaliers, ouvrir à des inconnus mal intentionnés, etc. 

Comme vous ne pouvez pas nécessairement surveiller 24 heures/24 votre proche malade d’Alzheimer, il va donc falloir éviter ces risques en commençant par effectuer quelques aménagement dans son logement. Comme pour toute personne âgée, il va falloir prévenir tout risque de chute en réalisant quelques travaux dans la salle de bain : installation d’une douche à l’italienne si possible, ajout de poignées dans la douche, sol anti-dérapant, etc. 

L’autre pièce qui peut constituer un danger est la cuisine. Préférez ainsi des plaques de cuisson à induction (qui s’éteignent lorsque plus aucune casserole n’est posée dessus) aux plaques électriques ou au gaz. Rangez les produits ménagers en hauteur, pour que la personne malade ne puisse les atteindre facilement et les confondre avec des biens alimentaires. Vous pouvez également régler les différents robinets de la maison pour qu’elle ne se brûle pas avec de l’eau trop chaude. 

Dans le reste de la maison, évitez les tapis, qui provoquent de nombreuses chutes. Sécurisez les fenêtres en privilégiant, par exemple, les ouvertures en oscillo-battant plutôt que les ouvertures classiques, et tentez de sécuriser la porte d’entrée. Pourquoi ? Car une personne atteinte d’Alzheimer peut être tentée de sortir de chez elle et de se perdre en chemin. Vous pouvez par exemple installer un rideau devant la porte principale pour la dissuader de sortir. 

Installer un système de vidéosurveillance

Pour aller plus loin dans la sécurisation du domicile de votre proche atteint d’Alzheimer, vous pouvez opter pour une solution de vidéosurveillance afin de garder un oeil sur elle et communiquer avec. On parle alors de “vidéo bienveillance”, car le but est bien de protéger cette dernière plus que de la surveiller. Plusieurs caméras peuvent être installées dans différentes pièces. Celles-ci disposent d’un micro et d’un haut parleur intégré, grâce auxquels l’occupant du logement peut communiquer avec son proche, qui, lui, recevra ces appels sur son smartphone. 

Ces systèmes de vidéo bienveillance disposent également d’un dispositif d’alerte en cas de chute ou de comportement inhabituel. Il suffit de le régler, en amont, selon les habitudes de vie de la personne. Si, par exemple, cette dernière n’est pas dans son lit en pleine nuit, vous serez alerté d’un événement inhabituel. 

La vidéo bienveillance est donc un système plus poussé que celui de la téléassistance, qui permet à son utilisateur de prévenir une plateforme en cas de problème, en déclenchant une alerte via un bracelet ou un collier connecté. La vidéo bienveillance offre également plus d’intimité puisque c’est un proche qui est prévenu, non un téléconseiller. 

Les aidants familiaux, ces aides indispensables aux malades d’Alzheimer

Les proches, justement, jouent un rôle prépondérant dans la surveillance des malades d’Alzheimer. La plupart du temps, ils occupent la fonction d’aidant, c’est-à-dire celui d’“une personne qui vient en aide, à titre non professionnel, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage, pour les activités quotidiennes”. A savoir les tâches ménagères, administratives, la gestion des rendez-vous médicaux… Mais surtout, l’aidant va être le premier oeil qui surveillera le malade et le sécurisera dans ses gestes de la vie de tous les jours. 

Les aidants familiaux sont souvent le mari ou la femme, les enfants, le neveu ou la nièce, voire un autre proche (voisin, ami, etc.). On estime leur nombre à 11 millions en France. Plus de la moitié d’entre eux possèdent une activité professionnelle. Le cumul avec le rôle d’aidant s’avère souvent exténuant.

C’est pourquoi, depuis la loi du 1er janvier 2016 sur l’adaptation de la société au vieillissement,  le statut d’aidant est enfin reconnu. Et, depuis 2017, les aidants peuvent bénéficier d’un congé de proche aidant pour une durée de trois mois renouvelable. Un congé rémunéré, qui permet de suspendre son activité professionnelle. 

L’aide à domicile pour aider et protéger les malades d’Alzheimer

Pour surveiller et aider le malade d’Alzheimer, l’aide à domicile est une excellente solution puisque, en plus de le sécuriser, elle lui apporte un contact quotidien appréciable. Cette professionnelle peut assumer les tâches suivantes : aide au lever et au coucher, à la toilette, aux courses, aux repas, ménage, entretien du linge, etc. 

Si vous faites appel à une aide à domicile, celle-ci peut soulager l’aidant familial. Cependant, cette solution a un coût. Pour le supporter, vous pouvez bénéficier de différentes aides : l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), les aides départementales, les aides des caisses de retraite ou encore les aides proposées par les complémentaires santé. 

Pour permettre à un proche atteint d’Alzheimer de rester à domicile et être en mesure de le surveiller, vous pouvez donc conjuguer aménagement matériel, innovations technologiques et soutien humain, avec les aides à domicile et les aidants familiaux. Une logistique parfois lourde à mettre en place, mais qui permet de reculer l’entrée en Ehpad. Selon une étude de l’Insee, 8 Français sur 10 souhaitent vieillir chez eux, plutôt qu’en institution… 

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